« Nous préférons la discrimination française » Citation d’une rom bulgare expulsée de France

« Nous devons considérer ces vandales comme nos ennemis personnels. Il n’y a pas de doute pour moi que ces animaux veulent que les bulgares se sentent un peuple sans histoire. Je me sens humilié par ces idiots, ces demi hommes ». Cet extrait d’un article d’un des journalistes bulgares les plus connus, Kevork Kevorkeyan, est un exemple de la stigmatisation des roms dans la plupart des médias bulgares. Une stigmatisation qui va de pair avec un traitement médiatique qui ignore les causes des conditions de vies déplorables de cette population. Une association de journalistes (AEJ-Bulgarie) a déposé plainte contre l’article et est en attente de son traitement par les autorités judiciaires. Un cas similaire a été rejeté par le procureur et n’a pu être jugé.

http://www.aej-bulgaria.org/en/2012/11/aej-bulgaria-approaches-the-prosecutors-office-with-a-hate-speech-case/

« Un tel article ne peut paraître en France, l’auteur y serait jugé pour incitation à la haine » pour Bertrand Lerossignol, journaliste à France 3 Aquitaine et qui prépare un doctorat sur la communauté manouche. Actuellement il ne croit pas à une stigmatisation des roms dans les médias français. Pour lui l’actualité sur les roms est produite dans l’urgence, au coup par coup. On n’y montre donc souvent que les effets négatifs en fonction de l’actualité policière.

Un avis partagé par Jean-Michel Desplos qui dirige la rubrique des faits divers au journal Sud-Ouest. « Quelqu’un passe devant un camp de roms, voit x véhicules de police. On est prévenu, on envoi une équipe. On réagit dans l’urgence, en mélangeant un peu tout. Et il y a beaucoup de suivisme par rapport aux autres médias et entre les médias. Mais nous avons aussi publiés des articles sur la vie dans les camps de roms ».

Une vie un peu différente à Bordeaux que dans les autres grandes villes de France. La municipalité privilégie la médiation plutôt que la répression. Elle a mandaté deux médiateurs pour faire le lien entre la communauté et l’administration dans un squat officialisé de deux cents personnes que nous avons visité.

http://aquitaine.france3.fr/2012/11/21/roms-bordeaux-la-mediation-plutot-que-la-repression-147300.html

Dans les médias bulgares les roms expatriés en France ne sont pas insultés autant que dans leur pays d’origine. On attaque plutôt le gouvernement français qui les expulse alors qu’ils sont aussi des travailleurs qui cherchent un emploi. Il y a très peu d’articles de fond sur leurs conditions de vies en France, la plupart traduits à partir de la Deutchewelle ou de journaux français. Comme pour les roms en Bulgarie la presse ne rapporte que les méfaits des roms installés en France.

Et comment les habitants du camp « modèle » de Bordeaux jugent ils l’attitude des médias français à leur égard ? « il y a des médias qui écrivent de bonnes choses, d’autres des mauvaises choses. Il y a chaque jour des journalistes qui viennent prendre des photos de nous et filmer le camp. C’est pas bien, ils doivent pas faire ça. Que voulait vous montrer de nous ? »

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